mardi 11 novembre 2014

Plus c’est gros, mieux ça passe

Dans une société de l’hyper communication, la rudesse du raisonnement et l’aridité apparente des idées vous rendent fade et tiède, voire inexistant ou invisible. C’est le temps des polémistes, des nerfs à vifs et du fracas des opérations de communication. Les valeurs, les convictions et le respect des autres ne sont plus d’actualité. Au contraire, ils sont aujourd’hui perçus comme des signes de faiblesse, synonymes de ringardise.

La castagne plutôt que le débat
La castagne prend le pas sur le débat, les coups bas font office de stratégie de communication. La forme l’emporte sur le fond. Les effets médiatiques se substituent à l’action et les positions clivantes remplacent les convictions. Le discours est plus important que les actes et le récit doit se suffire à lui-même. Les prises à partie supplantent les prises de position. C’est ainsi que va actuellement la communication et notamment politique. Transgresser, faire bouger les lignes ne se résument plus qu’à polémiquer et faire le buzz. On aime ou on déteste, qu’importe, mais il faut provoquer des émotions. Sans cela, ni attention, ni intérêt, ni adhésion. Il faut faire sien le vieil adage qui veut « que l’on parle en bien ou l’on parle en mal de vous, du moment que l’on parle de vous » .
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Plus c’est énorme
La superficialité vaut mieux que le travail de fond. Plus la ficelle est grosse, mieux elle passe parce qu’elle est simpliste et donc immédiatement digérable. Ce doit être semblable aux scénarios d’une sitcom : plus c’est basique, voire primaire, plus c’est simple, plus c’est téléphoner, plus c’est énorme et plus ça a de chance de réussir.

La stratégie de Shéhérazade
L’un des grands spécialistes de cette technique n’est autre que Karl Rove, « le cerveau de Bush », le stratège et bâtisseur des victoires de G.W. Busch. Les recettes de Rove sont simples :
  1. taper le plus fort possible sur l’adversaire
  2. la stratégie de Shéhérazade  : « quand la politique vous condamne à mort, commencez à raconter des histoires – des histoires si fabuleuses, si captivantes, si envoûtantes que le roi ( ou, dans ce cas, les citoyens américains, qui, en théorie, gouvernent notre pays) oubliera sa condamnation capitale. »


En résumé, raconter les histoires que les gens ont envie d’entendre. La règle de base n’est pas bien compliquée : plus c’est gros, mieux ça passe !

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