mardi 9 mai 2017

L’information de qualité a un prix

A 2,50 euros par jour, la facture annuelle d’un lecteur quotidien du « Monde », par exemple, n’est pas anodine. Si l’on y ajoute un quotidien local et un magazine hebdomadaire, la note peut vite s’élever à 2000 euros environ par an. Si on compare cette somme à un abonnement Internet illimité (20€ par mois, en moyenne, soit 240€ l’année) la différence est conséquente.

« L’information, c’est le pouvoir », écrivait l’auteur américain John Ray Grisham. Force est de constater qu’aujourd’hui, nous n’avons pas tous accès, de façon similaire, à cette information et au pouvoir supposé qu’elle nous offre.

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La notion d’information recouvre des choses bien différentes. Cela va de l’actualité jusqu’au Data en passant par la connaissance et la formation. Néanmoins, la question de l’accès à l’information devient cruciale. L’information dite de qualité coûte de plus en plus chère et n’est donc plus accessible à tout le monde. D’où un transfert vers l’information gratuite et notamment sur Internet. Cette migration informationnelle est de plus en plus importante, si l’on en croit les enquêtes à ce sujet.

Malheureusement l’information gratuite n’est pas toujours de bonne qualité. Elle peut parfois se révéler fausse ou mensongère. A tel point que Facebook a annoncé le 15 janvier dernier « qu’il allait permettre, dans les semaines à venir, à ses usagers allemands de profiter du système de lutte contre les fausses informations testé jusque-là aux Etats-Unis » (Le Monde du 17 janvier 2017).

Les élections présidentielles américaines ont mis en évidence l’influence des réseaux sociaux dans la propagation de fausses nouvelles et d’informations mensongères.  Les démentis et les démonstrations n’ont pas suffi à stopper ces informations et ces rumeurs. Elles courent toujours sur les réseaux.
Ce qui est peut-être pire, c’est que la rumeur est devenue, pour certain stratège, une arme électorale et qu’elle est utilisée à grande échelle afin d’influencer les électeurs. Il s’agit de tromper ceux que l’on n’arrive pas à convaincre.   

Moins coûteuses, parce que dispensées d’impression et de distribution, les éditions digitales de nos journaux ou les sites d’information sont également payants. Ces sources d’information nécessitent, malgré tout, une démarche volontaire et pécuniaire. Nous nous dirigeons donc d’abord naturellement vers les flux gratuits.

L’information de qualité a un prix que nous sommes de moins en moins enclin à payer. Conséquence, nous sommes de moins en moins bien informés. L’information est devenue un produit marchand dont la qualité dépendra de ce que nous sommes décidés à débourser.


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