A
2,50 euros par jour, la facture annuelle d’un lecteur quotidien du
« Monde », par exemple, n’est pas anodine. Si l’on y ajoute un
quotidien local et un magazine hebdomadaire, la note peut vite s’élever à 2000
euros environ par an. Si on compare cette somme à un abonnement Internet
illimité (20€ par mois, en moyenne, soit 240€ l’année) la différence est
conséquente.
« L’information,
c’est le pouvoir », écrivait l’auteur américain John Ray Grisham. Force
est de constater qu’aujourd’hui, nous n’avons pas tous accès, de façon
similaire, à cette information et au pouvoir supposé qu’elle nous offre.
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| photo-libre.fr |
La
notion d’information recouvre des choses bien différentes. Cela va de
l’actualité jusqu’au Data en passant par la connaissance et la formation.
Néanmoins, la question de l’accès à l’information devient cruciale.
L’information dite de qualité coûte de plus en plus chère et n’est donc plus
accessible à tout le monde. D’où un transfert vers l’information gratuite et
notamment sur Internet. Cette migration informationnelle est de plus en plus
importante, si l’on en croit les enquêtes à ce sujet.
Malheureusement
l’information gratuite n’est pas toujours de bonne qualité. Elle peut parfois se
révéler fausse ou mensongère. A tel point que Facebook a annoncé le 15 janvier dernier
« qu’il allait permettre, dans les
semaines à venir, à ses usagers allemands de profiter du système de lutte
contre les fausses informations testé jusque-là aux Etats-Unis » (Le
Monde du 17 janvier 2017).
Les
élections présidentielles américaines ont mis en évidence l’influence des
réseaux sociaux dans la propagation de fausses nouvelles et d’informations
mensongères. Les démentis et les
démonstrations n’ont pas suffi à stopper ces informations et ces rumeurs. Elles
courent toujours sur les réseaux.
Ce
qui est peut-être pire, c’est que la rumeur est devenue, pour certain stratège,
une arme électorale et qu’elle est utilisée à grande échelle afin d’influencer
les électeurs. Il s’agit de tromper ceux que l’on n’arrive pas à
convaincre.
Moins
coûteuses, parce que dispensées d’impression et de distribution, les éditions
digitales de nos journaux ou les sites d’information sont également payants. Ces
sources d’information nécessitent, malgré tout, une démarche volontaire et
pécuniaire. Nous nous dirigeons donc d’abord naturellement vers les flux
gratuits.
L’information
de qualité a un prix que nous sommes de moins en moins enclin à payer.
Conséquence, nous sommes de moins en moins bien informés. L’information est
devenue un produit marchand dont la qualité dépendra de ce que nous sommes décidés
à débourser.

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