La
communication politique vertueuse, tout le monde en parle mais personne ne
l’a pratique. C’est exactement comme les
émissions culturelles à la télévision. Tout le monde en réclame mais personne
ne les regarde. Si elles ne sont pas programmées à des heures de grande écoute,
c’est tout simplement parce que les audiences sont faibles.
Si
la communication politique vertueuse n’est pas pratiquée, c’est probablement
parce qu’elle ne fait élire personne. Soyons clair ! Les électeurs sont
avant tout un concours de personnalité.
Le
candidat sage, lisse, vertueux, ne fait pas recette. J’en sais quelque chose.
J’ai expérimenté ce désastre. On ne m’y rependra plus, c’est certain.
Le
programme est un élément comme un autre dans le « kit de campagne ».
Trois
ou quatre bonnes mesures suffisent. Il convient de se rappeler la « war
room » de la première campagne, en 1992, de Bill Clinton où James Carville,
conseiller en stratégie politique, a placé au milieu du quartier général une
pancarte indiquant afin de maintenir le message de la campagne :
- Changer contre plus de la même chose
- L’économie, stupide
- N’oubliez pas les soins de santé
Bien
que cette affiche fût destinée en réalité à un public interne composé d’argents
de campagne, cette phrase est devenue un slogan de facto.
Des manuels au terrain
Il y
a ceux qui écrivent des manuels et ceux qui ont appris de leurs échecs et des
coups durs encaissés. Penser la
communication politique est une bonne chose mais encore faut-il la réalité du
terrain.
Encore
faut-il être confronté aux réactions des électeurs aux difficultés de se faire
entendre, aux comportements des médias…
Dans
un monde parfait, la communication politique serait sans doute idéale. Mais ce
monde parfait n’existe pas, malheureusement. Donc, nous devons faire avec.
L’électeur
est intelligent et il sait ce qu’il veut. Il le dit à sa manière parfois
excessive, d’autres fois passive, toujours consciemment. Ces changements sont le fruit d’une maturation
parfois longue.
Je
constate que les municipales sont bien souvent les prémices des
présidentielles. Le début d’une lame de fond qui commence à la première des
élections la plus populaire chez l’électeur et se finalise à la présidentielle
seconde élection plébiscitée par les électeurs de tous bords.
En
2001, la gauche perd les municipales, le Front National apparaît et en 2002
Lionel Jospin est éliminé du second tour de la présidentielle au profit de Jean
Marie Lepen.
En
2008, la gauche gagne largement les municipales et François Hollande est élu
président en 2012.
En
2014, c’est la bérézina pour la gauche qui perd 121 villes de plus de
15 000 habitants, et l’extrême droite creuse son sillon en gagnant 14
villes. En 2017, le candidat du PS n’est pas au second tour au profit de la
candidate FN.
Le
choix des électeurs est donc bien cohérent et persévérant.
La provocation pour sortir
du lot
Mais
il n’en reste pas moins que pour se faire entendre, « il faut commencer
par parler plus fort que son voisin » comme l’écrit Alain Cayzac dans son
ouvrage « Tout ce qu’on ne m’a pas appris à l’école », aux éditions
Le Poche du Moment.
C’est
ainsi, c’est la règle que tous les penseurs du monde ne pourront pas changer.
L’aspérité
se remarque plus que le plat, le lisse, le souple et le doux.
En politique, c’est bien connu, « le travail ne paie
pas » ou plutôt ne paie plus. Notre époque est celle de la politique du
spectacle.
Ne pas être trop lisse, trop transparent, trop consensuel au
risque de paraître fade, sans relief, insignifiant.
La rugosité, l’affirmation d’aspérité, la polémique vous fait
exister.
C’est ainsi que l’on veut voir nos politiques dans notre monde
du tout communication, de l’information en continu et des réseaux sociaux.
Aujourd’hui
une ambition sans communication a de grande chance de rester lettre morte, en
politique comme dans tous les autres domaines. Nos réseaux sociaux sont saturés
de comptes et de profils de personnalité qui utilise la provocation pour
essayer de sortir du lot. Le président actuel des Etats Unis, Donald Trump,
s’en est d’ailleurs fait le champion toutes catégories. Mais à trop communiquer
on peut aussi se prendre les pieds dans le tapis.
Se prendre les pieds dans
le tapis
C’est
généralement le début d’une mauvaise séquence, d’une série de
« couacs », comme on le dit maintenant, qui finissent par aboutir à
une situation de crise.
La
première difficulté, dans notre société d’hyper communication, semble engendrer
le « couac » suivant et ainsi de suite sans que rien ne puisse y
mettre un terme.
Que
faut-il faire dans pareil cas ?
La
première des solutions, celle qui nous vient le plus naturellement est de ne
rien faire, de baisser la tête et d’attendre que ça passe. Après la tempête
vient le soleil, se dit-on pour se réconforter.
Pourtant
la communication de crise a ses règles : parler en premier, donner sa
version des faits, imposer ses propres mots.
La
seconde méthode est de réagir, répondre pied à pied, au risque d’entretenir
soi-même le feuilleton de cette mauvais actualité.
On
peut aussi essayer de nier le problème, de ne pas voir « l’éléphant dans
le salon » et de faire comme si tout allait bien.
Occuper l’espace central
Une des règles du jeu des échecs est d’occuper ou de contrôler
le centre de l’échiquier. C’est même une règle en communication
politique : il faut occuper ou contrôler le centre d’intérêt des médias.
Des règles incontournables, des stratégies sont à respecter.
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