vendredi 22 décembre 2023

A l'oral

 Nous sommes d’une culture de l’écrit. Durant toutes nos années d’études, la littérature a été présente. En politique, pas question d’un destin sans écrire un ou des livres programmes.

 L’Académie Française consacre nos écrivains (es) comme des immortels (lles). Les gens de plume bénéficient d’un prestige inégalé. Et les rentrées littéraires multiplient les ouvrages par centaines. Les prix littéraires font vendre les ouvrages primés par dizaine de milliers. Le cinéma reprend à son compte les succès de librairies. Chaque personnage un tant soit peu reconnu y va de son histoire personnelle imprimée.

 Ce faisant, nous avons trop négligé l’apprentissage de l’oralité. Un inconvénient lorsque nous prenons conscience que la parole est cruciale dans tous les domaines de notre vie et sa maîtrise se révèle indispensable dans notre quotidien.

 Sans prétention à l’exhaustivité, voici quelques exemples pour appuyer ma démonstration :

 En politique, dans l’hémicycle de l’Assemblée Nationale tout est parole. Les meetings, les débats, les campagnes électorales ou encore les conseils municipaux sont dans l’oralité.

 Le monde médiatique n’est pas en reste. Les émissions de télévisions, de radios, les interviews et les témoignages ne sont pas autre chose que de la parole.

 On peut aussi évoquer la justice, les audiences des tribunaux, les débats contradictoires, sans oublier la culture et le théâtre, la chanson, voire le cinéma avec sa  bande son.

 Les conférences, les grands discours qui jalonnent l’histoire, les révoltes, passent par les mots prononcés à haute voix.

 Les cours, les oraux scolaires, les réunions, les entretiens d’embauches, les relations amicales, les appels téléphoniques sont autant d’occasion de parler.

 Dans le passé, l’Agora était le lieu de la parole et des décisions.

 Paradoxe d’écrire pour parler d’oralité.

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