vendredi 5 janvier 2024

Les mots ont leurs victimes

Comment dépasser les limites que l’on s’est mises soi-même. Lorsque nos mots dépassent notre pensée, sous le coup d’une forte émotion par exemple. Les mots prononcés peuvent être en totale opposition  de ce que l’on est véritablement. Un anti reflet. Comment cela peut-il arriver ?

La colère, l’emportement, l’incompréhension sont souvent à l’origine de ces expressions malheureuses.

 

Les mots peuvent aussi avoir leurs victimes

Les mots ont leurs victimes. Ils sont des armes que l’on utilise pour abattre plutôt que de convaincre, pour blesser plutôt que d’argumenter, de tromper plutôt que d’expliquer, d’exclure plutôt que de partager.

Des destins se sont brisés sur des mots trop durs, trop partiaux, trop partiels. Pour se défendre on évoque alors « le bon mot » comme pour s’immuniser.

Un mot d’esprit peut être ravageur ou destructeur comme le raconte le film « Ridicule » de Patrice Leconte sorti en 1996.

Pour justifier les mots venimeux, assassins, même dans la vie quotidienne , nous n’avons pas toujours conscience du poids des mots que nous prononçons, parfois sans intention de nuire, souvent à tort et à travers, mais qui peuvent pourtant blesser, meurtrir, marquer en profondeur et de manière indélébile.

 

Des mots jusqu’au pire

Malheureusement les nouveaux flux de communication donnent l’occasion aux personnes mal intentionnées de s’acharner littéralement sur une ou des personnes, dont ils ou elles ont senti les failles et les faiblesses. Être trop sensible au regard des autres peut nous rendre vulnérables et sujet à des moqueries, de la méchanceté, des jugements de valeur. Qu’importe la façon dont ils sont répercutés, les mots ont un impact soit positif, soit négatif.

 

Des mots trop rapides

Salomon nous invite à la réflexion avant de s’exprimer trop promptement « Le sage tourne sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler. » S’exprimer dans l’instant, dans l’émotion, en réaction, provoque des faux pas, des incompréhensions et parfois de très néfastes polémiques jetant le discrédit sur les auteurs de ces expressions de l’immédiateté.

C’est encore plus vrai en politique où chaque mot compte et se doit d’être pesé au trébuchet, au risque de déclencher une polémique négative.

La loi de Poe, du nom de celui qui l'a formalisée, suppose que, sur Internet, sans indication claire de l'intention de l'auteur, toute expression parodique, sarcastique, outrancière peut être confondue par certains lecteurs avec une expression sincère de ces opinions (source Wikipédia). Nous sommes dans un monde, notamment virtuel, où l’incompréhension, l’approximation, les réactions trop émotives peuvent devenir cruels pour leurs auteurs.

 

De la beauté à la laideur

Ceux et celles qui écrivent ces mots ou qui les reçoivent peuvent être pris (es) dans les fourches caudines d’une formule à l’emporte-pièce, d’une critique injustifiée, d’un pamphlet dévastateur ou plus simplement d’une fausse accusation, d’un commentaire malveillant, d’une mauvaise plaisanterie.

Les mots peuvent nuire d’une façon volontaire ou non. Ils sont une matière sensible aussi beaux qu’ils peuvent être nocifs.



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