Un article de Julien Lacuyer dans l’édition du 1er mars 2025 de la Voix du Nord (page 36) pose quelques questions intéressantes sur la communication politique. Le premier ministre n’a pas de directeur de communication pour « donner sens à toute apparition publique et écrire le récit de son action ». François Bayrou est dans l’improvisation permanente et dans la réponse instinctive. En effet, il a « cette conviction, qui est un roc, que la politique meurt d’être dirigée par des communicants, révèle un familier ». Malgré les « couacs » et les « faux pas » qui s’accumulent il s’en remet à sa longue expérience politique.
Voici
pour le constat. Mon intention n’est pas de commenter les commentaires mais de
regarder ce que nous dit la situation. Tout d’abord ce n’est pas la
communication qui doit faire la politique mais bien le contraire. La
communication accompagne l’action mais ne la préside pas.
La
communication politique ne doit pas être uniquement que la projection d’une
image que l’on veut imprimer mais doit impérativement être celle d’une volonté
mise en œuvre. Elle doit rester humaine, proche et accessible à toutes et à
tous. Car elle reflète une action qui impacte les gens.
Les
mots magiques ne font illusions qu’un temps. La « petite phrase »
bien ciselée, destinée à être reprise par les médias et les réseaux, est l’antithèse
de la communication politique. Mais tout le monde y cède dans l’espoir de gagner
la bataille médiatique. Il faut être choc et pousser le bouchon aussi loin que possible,
créer le clash. Et comme tout le monde veut sa place, nous assistons à une
véritable foire d’empoigne, à une surenchère toujours plus poussée.
Depuis
trop longtemps nous n’entendons plus la sincérité derrière ce type de
communication. Se construire une image durable passe par l’affirmation de
convictions fortes, d’actions entreprises et valorisées, par des décisions
cohérentes avec la démarche mise en avant.
Une
communication ne peut se résumer à critiquer ce que disent et font les autres. Ne
prendre qu’un bout de phase afin de créer des polémiques artificielles, se
poser en donneur de leçons se révèle, il est vrai, plus aisé que de se risquer
à agir et donc à être exposé à d’éventuelles critiques.
La
communication politique ne peut pas être que l’expression d’une ambition
personnelle à peine cachée. Elle est indispensable à l’action politique, bien
évidemment. Mais elle doit impérativement avoir du sens, un objectif déterminé,
être simple dans son expression et correspondre à la vérité de celle ou celui
qui en est à l’origine.
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