Une campagne électorale c’est convaincre. Pour y parvenir il faut connaître celles et ceux à qui s’adresse notre message. Il s’agit donc de parler juste, d’aborder les bons sujets, de sensibiliser à bon escient, de trouver les bonnes formules, les bons arguments, la bonne tonalité. Les futurs (es) électeurs et électrices doivent pouvoir se reconnaître dans ce qui est proposé, s’identifier à la candidate ou au candidat, avoir envie de se mobiliser.
Est-ce encore la bonne recette à l’heure
actuelle, alors que le sens commun s’efface devant l’individualisme ? Dans
mon livre sur la communication en politique je parlais déjà de la bulle
d’égoïsme à percer. A cela s’ajoute aujourd’hui les bulles de préférences dans
lesquelles nous enferment les algorithmes des réseaux sociaux. Nous voilà
contraint à un non choix comme si notre libre arbitre se trouvait influencé par
nos pratiques numériques et un monde virtuel avec ses propres règles.
Toutes les études, les ouvrages et les
agences spécialisées nous apprennent que le porte-à-porte ne rapporte rien ou pas
grand-chose en terme électorale. Mais qu’il est utile s’agissant de la
notoriété. Lire à ce propos l’excellent ouvrage, déjà ancien, « Porte à
porte » de G. Liégey, A. Muller et V. Pons (Calmann-Lévy).
D’autres études nous révèlent que la
profession de foi est le seul document de campagne qu’une partie de l’électorat
consulte, qu’une portion de plus en plus grande se décide dans l’isoloir, que
le bouche à oreille est indéniablement efficace, qu’il faut faire parler de
soi, qu’une élection se joue au moment de la cristallisation. À partir de là,
il s’agit de se questionner sur les critères qui forgent la conviction de la
majorité des électrices et des électeurs à qui l’on veut s’adresser. Il est
donc indispensable de dresser sa carte électorale. A défaut, les paroles
tomberont dans le vide.
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