lundi 24 novembre 2025

Faire face à la rumeur

Une rumeur démentie est une rumeur confirmée. Il s’agit là d’un principe connu et appréhendé par tous les spécialistes de la communication.

Alors comment la victime d’une rumeur mensongère peut-elle se défendre ? D’autant qu’aujourd’hui, les réseaux sociaux propagent et démultiplient la rumeur à une vitesse phénoménale.

Cette rapidité qui donne à la rumeur une démesure impressionnante exige une réaction à la mesure de cette situation nouvelle et à la nécessité de ne pas la laisser s’incruster dans les esprits. La rumeur peut être assassine si nous la laissons courir sans y trouver une riposte adéquate, réfléchie construite.

Selon la loi dite de Brandolini « la quantité d'énergie nécessaire pour réfuter des sottises […] est supérieure d'un ordre de grandeur à celle nécessaire pour les produire ». A partir de là peut-on croire que combattre une rumeur est une bataille perdue d’avance ?

Il faut savoir qu’en matière de communication de crise, car une rumeur peut véritablement en devenir une, les trois premières règles sont : parler en premier, imposer ses mots, son récit, assumer ses responsabilités si besoin. Dans mon livre « La communication en politique » je citais Gérard Collé, ancien conseiller en communication de François Mitterrand « La première chose à faire dans ce genre de cas est d’ouvrir un autre chantier, de changer de terrain. Il faut reprendre la main », une citation extraite du magazine Challenges du 06.02.2017.

Il s’agit aussi de s’appuyer sur l’image que l’on s’est construite, de forger un bon récit, parler avec sincérité. La stratégie de réponse doit s’appuyer sur un message simple cohérent et positif. Surtout ne pas se cacher, au contraire, il s’agit de répéter son message le plus souvent possible. Plus le récit sera simple, mieux il sera accepté. Faire juste et court.

La rumeur court. En politique, elle est alimentée en permanence par des opposants anciens, nouveaux ou futurs. C’est pour cela qu’il faut s’appuyer sur les fidélités qui traversent le temps et les péripéties. Il faut motiver et impliquer ces militants dans la défense contre cette rumeur. Il s’agit également de parler à son électorat directement. 

En toute circonstance, je défends la communication 3S, Sens, Simplicité, Sincérité. C’est aussi le cas au moment de réagir à une rumeur. Faites-vous confiance et faites confiance à l’intelligence du public.

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